Électricité & Gaz

Nouveaux EPR2 : pourquoi les 18 prochains mois seront décisifs pour EDF ?

100 milliards d’euros ! C’est désormais le coût estimé des 6 futurs EPR2 français (EPR2 = Nouvelle génération de réacteurs nucléaires français). Et pourtant, le vrai défi du nucléaire français n’est peut-être plus seulement financier. Les 18 prochains mois pourraient tout simplement décider de l’avenir de toute la filière nucléaire française.

Pourquoi ? Parce que derrière l’objectif d’un premier EPR2 à Penly en 2038, EDF doit aujourd’hui réussir un exercice extrêmement complexe :

• financer

• industrialiser

• recruter

• sécuriser sa chaîne de sous-traitance

• rassurer Bruxelles

• tout en évitant un nouveau scénario “Flamanville”

Sur le plan financier, les coûts continuent de grimper (+8% sur la dernière estimation), poussant l’État et les autorités de contrôle à demander davantage de garanties avant validation finale. Côté industriel, EDF ralentit volontairement le projet. Le premier béton de Penly est désormais repoussé à 2029 afin de finaliser davantage les études techniques en amont. C’est un choix stratégique : perdre du temps aujourd’hui pour éviter des années de dérives demain.

Mais le sujet dépasse largement EDF. Après plusieurs décennies de sous-investissement dans le nucléaire européen, c’est toute une filière qui doit être reconstruite :

• compétences techniques

• capacités industrielles

• fournisseurs spécialisés

• recrutement

• partage des risques avec les sous-traitants

Et enfin, un dernier arbitre reste décisif : Bruxelles. La Commission européenne doit encore valider le mécanisme de financement public français, une étape qui pourrait directement conditionner le lancement du programme. Ce projet dépasse désormais le simple cadre énergétique. L’EPR2 est devenu un test grandeur nature de la capacité de la France à reconstruire une souveraineté industrielle et énergétique sur le long terme.

Et vous, pensez-vous que la France peut réussir sa relance nucléaire cette fois-ci ?